L’Eglise au service de la relation personnelle de chacun avec Dieu

Nous avons suffisamment posé sur ce blog le principe fondamental de la vie chrétienne : avoir et entretenir jour après jour une relation personnelle avec Jésus. Cela étant donné comme principe, i.e. comme point de départ, l’Eglise n’a pas d’autre donnée de départ pour penser son organisation. Elle existe pour être au service de cette relation personnelle de chacun avec son Dieu. C’est sa raison d’être. Bien évidemment, cela n’encourage en rien l’individualisme, au contraire, puisque pour être avec le Seigneur, il nous faut prendre place dans son Corps, en devenir membre, s’aimer les uns les autres. C’est l’unique chemin d’une appartenance authentique à l’Eglise.

Toute relation humaine avance avec du temps consacré à cela, des moments d’échange, où l’un parle et l’autre écoute, et inversement. Cela suppose des actes de consciences successifs pour entendre ce que dit notre ami. Il en est de même avec le Seigneur. Avoir une relation personnelle suppose des moments de qualité qui facilite une présence de qualité, où notre conscience est prête à se laisser surprendre, à entendre la Parole du maître. Tant la philosophie que la psychologie nous disent qu’on avance par des actes de compréhension et de conscience. Comprendre et conscientiser permet d’avancer en maturité humaine, spirituelle, affective, et intellectuelle[1].

Afin de favoriser cela et d’en être au service, la posture basse ministérielle est indispensable pour l’Eglise : elle ne doit pas se tenir en surplomb des consciences. Elle doit accompagner et cheminer avec ses membres, comme Jésus a cheminé avec les hommes durant sa vie terrestre. Cela permet un chemin subjectif personnel vers l’objectivité de Dieu et de ses promesses. On peut affirmer alors que plus l’Eglise propose l’appartenance à de petits groupes (fraternités, groupes de maison, …), plus cela est facilité. Et inversement, plus elle se contente d’être une Eglise de foule et moins cela se fait. Je ne dis pas qu’elle ne doit plus être une Eglise de foule avec de grandes assemblées : mais se contenter de cela ne favorise que trop peu cette relation subjective en conscience devant le Seigneur. Il en va tout simplement d’une logique humaine, de dynamique de groupe. Plus le groupe est grand, moins la conscience est convoquée, d’autant plus avec une liturgie où l’on n’est peu investi, où l’on peut se tenir en spectateur. A l’inverse, plus le groupe est petit, plus il nous est demandé des actes de compréhension de ce qui se dit, des actes de conscience : « que me dit le Seigneur dans ce texte biblique ? », « je me sens interpellé, sans comprendre pourquoi », « je suis édifié par le partage de l’autre membre du groupe », etc. Plus le groupe est petit, plus on est partie prenante, comme le fut tel disciple au sein des Douze, lorsque Jésus discutait avec eux du Royaume chemin faisant : ce disciple pouvait sans doute réagir, répondre, poser des questions, entendre les autres ne pas comprendre ou au contraire exprimer leur enthousiasme. Plus le groupe est petit, plus la conscience est convoquée et active. C’est quelque chose que l’on peut vivre dans les « petits groupes », qu’on les appelle des fraternités, des groupes de maison, … Ils ont l’avantage de reproduire la situation existentielle qui fut celle des Douze : bible ouverte, abordant un thème concret, on peut discuter avec le maître à travers sa Parole, chercher à comprendre ce qu’il dit, débattre, partager, avouer ses peurs, entendre les autres cheminer et s’engager davantage.  

Dans un précédent article, j’avais abordé la nécessité d’une fondation domestique de l’Eglise précisément par la mise en place de petits groupes[2] avec un argumentaire biblique et historique. On peut donc l’étayer avec ces arguments davantage philosophique et psychologique. Plus l’Eglise se rapproche des gens en les considérant comme unique, plus elle se donne les moyens d’être au service de leur relation personnelle avec Dieu. Ainsi, l’organisation de petits groupes au sein d’une Eglise locale, la répartition de tous ceux qui le souhaitent parmi l’Ecclesia en groupe de partage aurait ainsi le bénéfice de nous aider grandement et ensemble à être avec le Seigneur, dans cette relation unique, personnelle et toujours à soigner jour après jour.


[1] Je renvoie à l’article du blog : Prendre conscience : exercice de maturité psychologique et spirituelle.

https://repenserleglise.fr/2021/08/22/prendre-conscience-exercice-de-maturite-psychologique-et-spirituelle/

[2] Article : Pour une fondation domestique de l’Eglise.

https://repenserleglise.fr/2021/09/19/leglise-domestique-ou-pas/

Publié par ThibautG

Vouloir l'Eglise que Dieu veut

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